24 exemples de questions dichotomiques classés par usage

Vingt-quatre questions dichotomiques à copier : filtres, faits, croyances, choix forcés. Un seul verbe dans une question a déplacé le résultat de 21 points.

1 septembre 2026

Godefroy

Points clés
  • Une question dichotomique propose exactement deux options de réponse et rien entre les deux. Elle mesure proprement quand les deux options s’excluent et couvrent tous les cas, ce qui est vrai d’un fait et rarement d’une opinion. Le choix forcé fait exception, puisqu’on y rétrécit le terrain volontairement.
  • Le oui ou non enregistre ce que la personne a fait. Une opinion demande une échelle, qui conserve le degré que deux options jettent.
  • Coupez un échantillon en deux. Demandez à une moitié si les États-Unis doivent interdire les discours publics contre la démocratie, 54 % répondent oui. Demandez à l’autre s’ils doivent les autoriser, 75 % répondent non. Un seul verbe déplace le résultat de 21 points.
  • La question dichotomique est le filtre le moins cher d’un questionnaire, puisqu’elle décide des questions suivantes pour le prix d’un clic.
  • Une question à deux options renvoie un pourcentage et aucune raison. Associez les questions qui comptent à un moyen de laisser les gens répondre avec leurs mots.

Après avoir livré un nouvel export, une équipe a posé une seule question : « Avez-vous rencontré une difficulté pour le configurer ? » 94 % ont répondu non. L’équipe a classé le sujet. Le support a pourtant passé toute la semaine sur ce même export.

En fait, personne n’a menti, mais la question n’était pas la bonne. Un oui ou non oblige chacun à décider si ce qu’il a vécu compte comme une difficulté. La personne qui s’en est sortie au troisième essai répond non, parce qu’elle s’en est sortie. Ceux qui ont fait travailler le support font partie de ces 94 %. L’équipe a cru que ce chiffre décrivait la configuration. Il mesure à partir de quand chacun trouve la configuration difficile. Une question à deux options produit un pourcentage, et c’est tout.

Le format reste le plus rapide qu’on puisse mettre dans un formulaire, à condition de le réserver aux bons sujets. Vous trouverez ici 24 questions dichotomiques à copier, classées par usage, et les deux conditions qui décident si deux options suffisent. La banque de questions fermées couvre les sept autres formats.

La définition d’une question dichotomique

Une question dichotomique propose exactement deux options de réponse et rien entre les deux : oui ou non, vrai ou faux, fait ou pas fait, celle-ci ou celle-là. La personne choisit l’une des deux, donc chaque réponse arrive dans le tableur sous forme de 1 ou de 0, et l’analyse est un pourcentage.

Les deux conditions qui rendent le format valide ont l’air assez évidentes pour que personne ne les vérifie. Les options doivent s’exclure. « Utilisez-vous l’outil sur mobile ou sur ordinateur ? » casse cette condition pour tous ceux qui utilisent les deux. Les options doivent aussi couvrir tous les cas. « Payez-vous au mois ou à l’année ? » casse celle-là pour tous ceux qui n’ont jamais payé, et ces gens choisissent quand même une option, parce que le formulaire les y oblige.

Une troisième option change le format. Oui, non ou sans opinion est un choix unique à trois options. Une échelle d’accord à cinq points est une échelle de notation. On appelle les deux dichotomiques dans la conversation courante. Aucune des deux ne se comporte comme telle. Les gens qui n’ont pas tranché prennent le « sans opinion » quand il existe, et prennent le milieu quand le questionnaire propose une échelle à la place. Ces deux réponses veulent dire autre chose qu’un oui ou non franc.

Quatre usages, six questions chacun

Un seul groupe suffit. Prenez celui qui correspond à ce que vous voulez savoir : filtrer, vérifier un fait, tester une croyance ou trancher entre deux options.

Les questions filtres, pour décider qui répond à la suite

  1. Avez-vous acheté quelque chose chez nous au cours des six derniers mois ?
  2. Encadrez-vous une équipe ?
  3. Avez-vous déjà ouvert la partie rapports au moins une fois ?
  4. Êtes-vous la personne qui a créé ce compte ?
  5. Avez-vous assisté à la session de mardi ?
  6. Payez-vous aujourd’hui pour un outil de ce type ?

Mettez-les en tête du formulaire. Une question filtre coûte un clic et décide des questions que la personne verra ensuite, donc écrivez-la sans laisser de place à l’interprétation. Formulez la condition pour que la personne puisse la vérifier plutôt que l’estimer. « Avez-vous déjà ouvert la partie rapports au moins une fois ? » se vérifie. « Utilisez-vous les rapports régulièrement ? » ne se vérifie pas, parce que chaque répondant décide seul de ce que veut dire régulièrement.

Les faits, sur ce que la personne a fait

  1. Avez-vous terminé la configuration de votre compte ?
  2. Avez-vous contacté le support à propos de ce problème ?
  3. Avez-vous lu les notes de la dernière mise à jour ?
  4. Avez-vous invité quelqu’un d’autre dans votre espace ?
  5. Avez-vous exporté un rapport au cours des 30 derniers jours ?
  6. Votre problème a-t-il été réglé dès le premier contact ? (posée seulement à ceux qui ont répondu oui à la question 8)

Deux options suffisent vraiment quand la question porte sur un événement, puisqu’il a eu lieu ou n’a pas eu lieu. Votre propre base contient souvent le même fait, donc vous pouvez vérifier les réponses. Méfiez-vous de la question qui porte sur deux faits d’un coup. « Avez-vous contacté le support et obtenu une réponse ? » recueille une seule réponse pour deux événements. Un non vous laisse alors sans savoir quelle moitié a échoué.

Vrai ou faux, pour ce que les gens croient de votre produit

  1. Vrai ou faux : vos données sont supprimées à la fermeture de votre compte.
  2. Vrai ou faux : on peut changer de formule en cours de mois.
  3. Vrai ou faux : un coéquipier invité consomme un de vos sièges.
  4. Vrai ou faux : un export contient les éléments que vous avez archivés.
  5. Vrai ou faux : un crédit non consommé est reporté au mois suivant.
  6. Vrai ou faux : deux personnes peuvent modifier le même document en même temps.

Six questions de ce genre à la fin de la prise en main révèlent ce que la personne croit de votre produit, la seule chose qu’un journal d’usage ne montre jamais. Chaque réponse fausse pointe la page qui doit mieux expliquer la règle. Les gens répondent au hasard quand ils ne savent pas, donc une question qui revient autour de 50 % ne vaut rien pour vous. La bonne réponse doit aussi être indiscutable, sinon vous notez votre propre formulation.

Le choix forcé entre deux options nommées

  1. Si vous ne pouviez en avoir qu’un, prendriez-vous des exports plus rapides ou plus de formats d’export ?
  2. Préférez-vous payer au siège ou à l’usage ?
  3. Préférez-vous un résumé hebdomadaire ou une notification au fil de l’eau ?
  4. Qu’est-ce qui compte le plus pour votre équipe le trimestre prochain, réduire le temps de configuration ou réduire le coût ?
  5. Gardez-vous votre méthode actuelle, ou l’échangez-vous contre une méthode qui supprime une étape et demande une semaine d’apprentissage ?
  6. Préférez-vous voir le résumé d’abord ou le transcript complet d’abord ?

Le choix forcé rétrécit le terrain volontairement, donc la règle qui demande de couvrir tous les cas ne s’applique pas ici. Vous obligez les gens à départager deux choses que vous maîtrisez, et « ni l’un ni l’autre » est la réponse que vous refusez. Ce refus est tout l’intérêt du format. Des exports plus rapides et plus de formats reviennent tous les deux autour de 4 sur une échelle à cinq points. Un choix entre les deux produit une répartition exploitable. Cette répartition laisse de côté l’écart entre les deux options pour chaque répondant, puisque celui qui préfère à peine les exports rapides et celui qui se battrait pour eux cochent la même case. Demandez à quelques personnes qui ont choisi l’option perdante pourquoi elles l’ont fait, avant d’écrire la moindre ligne de code.

Un exemple de questionnaire dichotomique

Envoyez ces huit questions un mois après l’inscription. Chacune renvoie un pourcentage. Faites bifurquer la question 2 vers deux suites, ce qui ne coûte rien à mettre en place.

  1. Êtes-vous la personne qui a créé ce compte ? (oui, non)
  2. Avez-vous invité quelqu’un d’autre dans l’espace ? (oui va à la question 3, non va à la question 4)
  3. La personne que vous avez invitée a-t-elle terminé sa configuration ? (oui, non)
  4. Avez-vous connecté le compte à un autre outil ? (oui, non)
  5. Quelque chose vous a-t-il bloqué pendant la configuration ? (oui, non)
  6. Vrai ou faux : un export contient les éléments que vous avez archivés.
  7. Préférez-vous des exports plus rapides ou plus de formats d’export ?
  8. Accepteriez-vous un appel de 10 minutes sur votre configuration ? (oui, non)

L’appel de 10 minutes recrute les gens à qui vous demanderez pourquoi. Les sept autres questions vous montrent à qui demander.

Rédiger la question et ses deux options de réponse

  • Posez un fait par question. Deux verbes dans une question produisent une réponse pour deux événements.
  • Nommez les deux options dans la question quand elles ne sont pas simplement oui et non. « Préférez-vous payer au siège ou à l’usage ? » dit à la personne où sont les deux bouts. « Comment préférez-vous payer ? » la laisse deviner, donc les réponses reviennent en phrases que vous ne pouvez pas compter.
  • Donnez le même poids aux deux options. « La configuration a-t-elle été simple, ou avez-vous rencontré des difficultés ? » et « la configuration a-t-elle été simple, ou non ? » récoltent des réponses différentes, parce que « avez-vous rencontré des difficultés » nomme une expérience réelle quand « ou non » ne nomme rien.
  • Décidez de ce que fait une personne qui ne peut pas répondre. Soit vous forcez le choix, soit vous ajoutez un « sans objet » explicite et ce n’est plus une question dichotomique.

Le verbe déplace la réponse plus que l’opinion ne le fait

Donald Rugg, chercheur en enquêtes d’opinion, a coupé un échantillon en deux et posé à chaque moitié la même question à un mot près. Le résultat paraît en 1941 dans Public Opinion Quarterly. On a demandé à la première moitié si les États-Unis devaient interdire les discours publics contre la démocratie, et 54 % ont répondu oui, interdire. La seconde moitié a reçu la même question tournée avec autoriser, et 75 % ont répondu non, ne pas autoriser. Les deux questions sont logiquement équivalentes, et pourtant les deux résultats sont séparés de 21 points.

La même question posée avec interdire et avec autoriser, 54 % contre 75 %

Les deux formulations mesurent la même attitude sous-jacente. Bregje Holleman, linguiste à l’université d’Utrecht, a mené dix expériences et a situé la différence au moment où la personne fait correspondre ce qu’elle pense à l’un des deux mots proposés. Quelqu’un d’opinion modérée trouve « oui, interdire » et « oui, autoriser » trop forts pour ce qu’il pense vraiment, et prend le non dans les deux cas. Chaque option a un poids propre. La même chose se produit avec n’importe quelle paire dont un côté sonne plus dur que l’autre.

Le biais d’acquiescement derrière un oui ou non

Deux options sur une opinion vous donnent une question d’accord sous un autre nom, un format qui produit le biais le mieux documenté de la recherche par questionnaire. Les gens disent oui. Les méthodologues appellent ça l’acquiescement. Jon Krosnick et Stanley Presser, dans le chapitre de référence sur la conception de questionnaires du Handbook of Survey Research, recommandent d’abandonner les questions oui/non pour les opinions. Ils résument dix études où 52 % des personnes ont approuvé une affirmation quand 42 % seulement ont rejeté l’affirmation inverse. Sept études du même chapitre montrent en moyenne 22 % de personnes qui approuvent à la fois une affirmation et son contraire. Krosnick et Presser chiffrent ce penchant pour le oui à une dizaine de points, soit plus que la plupart des écarts qu’un questionnaire cherche à mesurer.

Que poser quand deux options ne suffisent pas

La réponse qu’il vous fautLe format à utiliser à la placeL’angle mort de deux options
L’intensité d’une positionÉchelle de notation à cinq points, milieu conservéUn oui tiède et un oui franc tombent dans la même case
La catégorie d’appartenanceChoix unique, tous les cas listésUne personne hors de vos deux options prend la moins fausse
Plusieurs réponses vraies en même tempsChoix multipleLa deuxième réponse vraie n’a nulle part où aller
Une quantitéUn nombre, sur une fenêtre datée« Souvent » vaut un décompte différent pour chacun
La raison derrière la réponseUne question ouverte, ou une interviewTout, puisqu’un pourcentage ne dit pas pourquoi

L’interview qui suit le formulaire

Comme nous l’avons vu, une question à deux options rend un chiffre, jamais la raison qui le produit. Un chiffre rassurant en cache autant qu’un mauvais.

Pour connaître cette raison, parlez à une poignée de répondants, à commencer par ceux qui vous ont rassuré. Les équipes sautent cette étape parce qu’une conversation coûte un créneau dans deux agendas et quelqu’un qui prend des notes.

Nous avons construit Raconte pour supprimer ce coût. Vous écrivez le brief une fois et vous envoyez un lien. La personne parle quelques minutes quand ça l’arrange, l’IA relance chaque fois qu’une réponse reste vague, et vous récupérez le transcript, l’audio, un résumé et le sentiment message par message dès la fin de l’appel.

Gardez vos questions dichotomiques, et terminez le formulaire en demandant si la personne accepterait un appel de 10 minutes. Envoyez le lien à tous ceux qui ont répondu oui, avec un brief construit sur ce qui s’est passé et ce qui aurait dû changer. Les 45 questions ouvertes sont classées par objectif de recherche si vous cherchez un point de départ pour ce brief. Les modèles de formulaire de feedback client, un par moment de la relation, se terminent tous sur cette demande d’accord.

Une interview vocale passe à côté de l’expression du visage. Sur un sujet sensible, cela suffit à justifier un intervieweur humain. Et quand un pourcentage est vraiment tout ce qu’il vous faut, le formulaire seul va plus vite pour tout le monde. Les 60 premières minutes d’interview de chaque mois sont gratuites et sans carte bancaire. La page tarifs couvre la suite.

Questions fréquentes

Quel est un exemple de question dichotomique ?

« Avez-vous terminé la configuration de votre compte ? » est une question dichotomique. Elle propose deux options de réponse, oui et non, elles s’excluent, et ensemble elles couvrent tous les répondants. « Vrai ou faux : un export contient les éléments archivés » en est une autre, avec vrai et faux comme paire.

Pouvez-vous donner 10 exemples de questions fermées ?

Avez-vous acheté quelque chose chez nous au cours des six derniers mois ? Encadrez-vous une équipe ? Avez-vous terminé la configuration de votre compte ? Avez-vous contacté le support à propos de ce problème ? Sur quelle formule êtes-vous aujourd’hui ? Quelles fonctionnalités avez-vous utilisées le mois dernier ? Combien de fois avez-vous utilisé l’outil la semaine dernière ? Comment notez-vous la rapidité de l’outil, de 1 à 5 ? Sa prise en main a-t-elle été facile, de 1 à 5 ? Classez ces cinq fonctionnalités de la plus utile à la moins utile. Les quatre questions en oui/non sont dichotomiques. La formule, la liste de fonctionnalités, le décompte, les deux notes et le classement relèvent des autres formats fermés.

Par quels mots commence une question fermée ?

Une question fermée commence le plus souvent par un auxiliaire ou un verbe conjugué en inversion : avez-vous, êtes-vous, utilisez-vous, votre problème a-t-il, pouvez-vous. Cette tournure appelle un oui ou un non. Les autres formats fermés ouvrent sur « quel », « combien », « à quelle fréquence » ou « comment notez-vous », qui appellent une option, un décompte ou une valeur. Les questions ouvertes commencent par « pourquoi », « comment » ou « racontez-moi », qui appellent une phrase.

Quels sont de bons exemples de questions fermées en interview ?

En interview, les questions fermées sont des points de repère entre les questions ouvertes : « Avez-vous contacté le support à ce sujet ? », « C’était avant ou après la migration ? », « Vous l’utilisez encore toutes les semaines ? ». Chacune règle un fait en une seconde et vous donne du concret à relancer. Gardez-les rares, parce qu’une interview qui tourne aux questions fermées vous rend un formulaire qui vous a coûté une heure.

Comment formuler une question dichotomique et ses options de réponse ?

Mettez un seul fait dans la question, puis nommez les deux options explicitement. « Avez-vous fait la configuration vous-même ? » va avec oui et non. « Avez-vous configuré le compte vous-même, ou quelqu’un l’a-t-il fait pour vous ? » va avec deux options qui couvrent tous les comptes. Vérifiez qu’aucun répondant n’entre dans les deux options et qu’aucun ne reste en dehors de la paire, puis décidez à l’avance de ce que fait une personne qui ne peut pas répondre, parce que forcer le choix et ajouter un « sans objet » produisent des données différentes.

Quelle différence entre une question dichotomique et un choix multiple ?

Une question dichotomique propose deux options et accepte une réponse. Un choix multiple propose une liste plus longue et accepte, selon le réglage, une réponse ou plusieurs. Le résultat se lit autrement, aussi. Une question dichotomique donne un pourcentage que vous pouvez suivre dans le temps, un choix multiple donne une couverture et des combinaisons.

Une échelle de Likert est-elle une question dichotomique ?

Non. Une échelle de Likert propose cinq ou sept positions ordonnées, du désaccord marqué à l’accord marqué, donc elle enregistre l’intensité d’une position plutôt que le camp choisi. Une question dichotomique enregistre le camp seul. Si vous ramenez une échelle de Likert à deux options après coup, vous jetez le degré que vous aviez payé pour mesurer.

Quand faut-il éviter une question dichotomique ?

Évitez-la dès que la réponse comporte des degrés. La satisfaction, la difficulté, l’accord et l’intention se placent sur un intervalle, et deux options écrasent cet intervalle en un pourcentage qui bouge avec votre formulation plutôt qu’avec l’opinion. Krosnick et Presser recommandent d’abandonner les questions oui/non pour les opinions, parce que les gens penchent vers le oui d’une dizaine de points. Gardez le format pour les faits, les filtres et les choix forcés.

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